Immergés nous sommes, dans un flux, dans les feuillages de nos généalogies. Si s’impose à la majorité, dans la quête légitime de la visibilité, la voie de l'extraction par manifestation spectaculaire (qui d’ailleurs perd toujours son hypothétique objet sous le spectacle lui même), d’autres épousent les courbes moins exposées de l’expérience lourde comme une tentative de requalifier la parole.
J’ai souvent en tête ce petit scénario de la personne que l’on fait poser pour une photo et de laquelle on attend une action, un geste aussi discret soit-il, pour déclencher et ainsi faire image. Et je ne peux m’empêcher d’envisager celui ou celle qui, par une inertie intime, ne consentirait jamais à offrir l’événement nécessaire à l’image. A cet état diffus qui s’en suivrait. Un suspend prolongé dans les banlieues du désir.
C’est à Nicole Cuglievan que je pense alors volontiers. A cet environnement qu’elle tresse et déploie à la manière des romantiques dépliant le monde. Harpe éolienne chez elle modulée des accents dissonants de l’age contemporain, de son tumulte.
Et n’est pas indépendante, sans doute, de mon scénario rêvé du sujet suspendant l’image, cette idée de vestiges ou de matériel précaire, cette réticence à la réification durable, cette organicité du matériau, qui font de son travail une bataille délicate.
2 commentaires:
J'aurais pu parler de Schwitters, du rebus hérigé, les chapelles de son Mertzbau... J'aurai pu parler de l'échafaudage comme construction alternative à la construction surlaquelle il s'appuie, Kawamata,... J'aurai pu parler de symphonie, de Schoenberg et dissonances... et des surgissements que le chaos tresse... j'aurai pu...
Eh bien tu aurais dû le faire alors. Il ne faut pas vivre avec des regrets. Peut-être le sujet d'un futur billet ? Nous sommes pendus à tes mots...
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