16/11/09

dans sa nudité blanche

Il y a ce buisson qui, à côté d’un autre d’un ton plus rouge, et la barrière devant, frottée, ce buisson légèrement penché à moins que ce soit dans le regard qu’on ait penché le monde et le buisson avec. Que tout penche inexorablement. En bouquet sur son ombre et légèrement penché, donc. Très humble et tout à fait insignifiant sur la pente du talus parmi les autres buissons sinon qu’à ce moment là où le regard posé négligemment, porté par le mouvement de route et qui fait comme de flotter au dessus d’où l’on passe. Le regard flotté. Devant ce regard flotté alors, passé ce buisson légèrement penché sur lui-même, avec son ombre au-dedans et même un peu d’ombre portée sur le talus et sur laquelle visuellement il s’appuie et la barrière d’autoroute devant comme une coulisse et qui joue dans le champ. Sortant confusément du brouillard dans lequel tout est pris, dépouillé, sec, imposant à l’œil flotté et comme le rappelant à lui-même alors la pure conscience de son volume très intensément. Ce buisson s’agrippant à l’œil et dont l’image s’essouffle et dont finalement ne reste plus que les mots levés par lui un moment : « splendeur particulière et frappante ». Et il faudra retrouver l’image, faisant teinter ces pauvres mots seulement et se disant qu’ils concernent un buisson, un buisson légèrement penché en bord des voies, ou penché par la vitesse, surpris dans sa nudité blanche.

04/11/09

manifeste de Philippe Blanchon

Plaisir de publier ces choses inclassables. Dans la collection 'formes brèves' des éditions publie.net. C'est bien, c'est beau et c'est pas cher. Merci à François et Fred pour l'assistance 'mise en ligne', à Estelle Petit d'avoir répondu et si vite.
Philippe Blanchon est poète et écrivain, il est né en 1967. Il a publié Le poème de Jacques suivi de L’Ambassadeur aux éditions Mona Lisait en 2001, La Nuit Jetée en 2005 et Capitale sous la neige en 2009 aux éditions l’Act Mem, volumes qui constituent les fragments d’une vertigineuse fiction en vers dite depuis plusieurs voix et semblant devoir s’étendre sans fin. Ses poèmes antérieurs ont été repris sous les titres Le reliquat de santé (La Courtine, 2005) et Janvier (La Part Commune, 2009). Editeur, il a publié plusieurs textes inédits d’auteur majeurs de poésie moderne, William Carlos Williams, E. E. Cummings, Jean Legrand, Eugenio Montale, Italo Svevo, Herman Melville, ou encore Charles Olson, notamment.

Un moment la question se pose de savoir si l’on doit classer les livres de sa bibliothèque par genre, par auteur, par collection, par domaine. Tentation formaliste parfois de regrouper toutes les couvertures rouges des quadriges de puf, le jaune des Verdier etc. Le problème avait retenu Perec et il semblait qu’aucun classement ne pouvait convenir à une pensée qui les dépasse tous et ne cesse de se jouer des genres. Le plus souvent les choses finissent par s’agréger par affinités, ordre de lecture, outils d’un travail en cours : en un aménagement personnel. Les éditions publie.net n’échappent pas à cette nécessité de ranger pour orienter et à l’interpénétrabilité des rubriques, au flou des frontières : atelier des écrivains, zone risque, voix critiques, formes brèves… plus repères que rubriques. Le texte de Philippe Blanchon se présente sous le titre de Manifeste et nous renvoi à ces périodes modernes qui les virent fleurir dans les poches d’une jeunesse inspirée : manifestes surréalistes, cubistes, futuristes, dada… ainsi énonce-t-il quelques positions, déclare-t-il quelques oppositions. Mais très vite sa forme dépasse son objet, comme par ironie, pour devenir poème. Poème dessous lequel perce quelque pamphlet (à la manière du Julien Gracq de la littérature à l’estomac), journal critique d’un philologue croisant les auteurs de ses lectures en une curieuse réunion posthume, histoire d’un dialogue fertile entre poésie et roman jusqu’à la confusion des genres (On retrouve ici cet élan idéal, cette utopie féroce des Manifestes). Poème critique qui jouerait dans la forme ce qu’il énoncerait dans le fond, fond et forme ne faisant alors plus qu’un. « Et les frontières disparaissent (se nomment pour disparaître), écrit-il. » (On entend à mi-mots cette critique du français qui sépare la théorie du littéraire quand les anglo-saxons ou les russes réunissent.) Critiques de ceux qui s’acharnent encore à distinguer, à désunir : « vous faites de la peinture abstraite ou figurative ? », demandera-t-on à un peintre, n’admettant aucune confusion et se coupant par là même de comprendre quoi que ce soit à la peinture. Curieux objet en somme que ce Manifeste qui échappe à nos bibliothèques ou qui y a plus que tout autre sa place.

JL

03/11/09

quelques lectures

La variété des lectures, leur enchainement et le moment dans lequel elles viennent s’inscrire dans le parcours dessinent une dérive un peu semblable à celle, physique, qui précède les prises de vue, les notes, les tableaux. Dans une certaine mesure elles s’induisent, se suggèrent, se complètent ou se prolongent parfois. Sans savoir ce qui vous fait prendre tel ou tel livre après avoir longtemps tourné autour. Sans savoir quelle intuition ou quel hasard fait que vous ouvrez la page sur une question que vous veniez de vous poser et que la page alors vous aide à charrier le problème. Compagnie des livres. Des livres à lire il y en a beaucoup sur nos étagères, en pile, dans nos fichiers numériques, parmi ce que l’on évoque lorsqu’on vous parle. Pourtant ceux que l’on sait qu’on devra lire, on attend souvent qu’ils viennent d’eux-mêmes par cette manière de coïncidence que Breton nomme élection. Dernièrement, croisé en vitrine d’une librairie le Koltès de François Bon, un des rares de l’auteur qu’il me reste à lire en attendant son Hendrix. Je me faisais dernièrement cette réflexion que l’écriture de François Bon me semblait avoir changé depuis Tumulte, s’être allégée, devenue plus cursive. Le livre en est moins compact, plus déployé. Mais je dis ça sans avoir fouillé la chose vraiment. Même impression à la lecture de Bon qu’à celle de Breton : que la langue ouvre un monde à elle d’une intensité spéciale et que ce travail de tournure, de torsion de la phrase lève un voile. Dans la même librairie j’avais aperçu sur table boire de Fabienne Swiatly, mais déjà lu. Quand est-ce que je croiserais par hasard sa femme allemande ? En deux livres (boire et gagner sa vie, titres qui pourraient être ceux de Miossec) Fabienne Swiatly s’est hissée haut dans mon panthéon, j’y ai trouvé une voix franche et mesurée, intime sans pathos, exemplaire de sobriété, une voix qui marque. Proximité avec François Bon aussi dans cette façon qu’a le texte d’accueillir avec intensité la parole des douleurs tues, dans ce que le texte ne dit pas mais qui le porte du dessous. Je n’avais pas eu l’occasion après lecture d’écrire quelques lignes sur ce qu’ouvrait ce livre – gagner sa vie – qui nous touchait tous et nous renvoyait à nos propres trajets, à nos propres colères. J’ouvre une page au hasard qui, à la relire, ramène en moi la même violence, ce même engorgement des mots à charrier tellement d’indicible :

Neuf mètres carrés à quatre. Tous ensemble avec ce qu’ils ont de plus difficile à partager, cette rupture d’avec la loi des hommes. De ce manque à l’intérieur que les mots ne parviennent pas à raconter. Pourtant tous ensemble comme une grande famille qu’ils ne sont pas. Pas des anges, bien sûr, mais pas forcément des salauds. Trois mètres sur trois, un peu juste pour inventer une vie nouvelle, non ?

Et l’on explique cela aux journalistes, aux professionnels de la détention, au grand public. On explique que, en France, il y a des lieux où des hommes et des femmes vivent à plusieurs dans neuf mètres carrés, et toujours on vient nous demander si ce n’est pas plutôt dix ou onze. Faut-il être précis si on fait métier de s’indigner ?

Un juge à qui je raconte la garde-à-vue d’un gitan, une histoire terrible qui ne s’invente pas. Le tremblement dans la voix de ce jeune garçon à la bouche édentée de trop consommer certaines drogues, qui me raconte le crayon taillé pointu enfoncé lentement dans l’oreille jusqu’au tympan, qui me raconte avec la main sur l’oreille du souvenir de la douleur. Ça ne s’invente pas. Lui dont la virilité s’exprime dans les coups échangés avec les autres dealers, pas un ange ce gaillard. Pas un sympathique, mais là dans la voix ce tremblement de l’enfance qu’il cherche à retenir.

J’ai appris qu’elle venait d’obtenir le prix Marianne pour une femme allemande.Tout à fait d'accord pour dire avec Marine Sonnet (l'employée aux écritures) que : "L’écriture de Fabienne Swiatly, avec des mots juste ce qu’il en faut, touche toujours au plus humain, résonne vrai, et nous aide à nous regarder dans nos conditions partagées, pas forcément choisies. Qu’elle parle de Gagner sa vie et ce qu’il en coûte, raconte ses “années en 8” ou signe simplement la lettre de remue.net – et dans ce cas je sais dès que je l’ouvre que c’est elle qui l’a écrite sans avoir besoin de vérifier tout en bas de la missive – l’indifférence à ce qu’elle nous dit est impossible."

Quand je regarde la pile des derniers livres lus il y a tout en bas ce court roman de Pascal Quignard, terrasse à Rome, lu cet été, dont j’avais voulu aussi écrire ici la première page à défaut de trouver à dire ce qui m’avait hypnotisé dans cette écriture intense, dans cet arrangement si particulier du récit. L’histoire commence comme ça :

Meaume leur dit : « je suis né en 1617 à Paris. J’ai été apprenti chez Follin à Paris. Chez Rhuys le Réformé dans la cité de Toulouse. Chez Heemkers à Bruges. Après Bruges, j’ai vécu seul. A Bruges j’aimais une femme et mon visage fut entièrement brûlé. Pendant deux ans j’ai caché un visage hideux dans la falaise qui est au-dessous de Ravello en Italie. Les hommes désespérés vivent dans les angles. Tous les hommes amoureux vivent dans les angles. Les hommes désespérés vivent dans l’espace à la manière des figures qui sont peintes sur les murs, ne respirant pas, sans parler, n’écoutant personne. La falaise qui domine le golfe de Salerne était un mur qui donnait sur la mer. Je n’i jamais plus trouvé de joie auprès d’autres femmes qu’elle. Ce n’est pas cette joie qui me manque. C’est elle. Aussi ai-je dessiné toute ma vie un même corps dans les gestes d’étreinte dont je rêvais toujours. Les cartiers sous la protection desquels j’ai travaillé à Toulouse appelaient cartes romanesques les jeux de cartes où les honneurs figuraient des héro de roman. Cartes antiques celles qui représentaient les prophètes de la Bible ou les généraux de l’Histoire romaine. Cartes érotiques celles qui montraient les scènes qui nous font. Maintenant je vis à Rome où je grave ces scènes religieuses et ces cartes choquantes. Elles sont en vente chez le marchand d’estampes à l’enseigne de la Croix noire via Giulia.

On y retrouve cette prédilection de Quignard pour l’antique, les histoires comme prises dans les replis sombres du temps et qui y prennent une saveur de légende. On y retrouve ce mélange du factuel le plus prosaïque à quelques hauteurs de vue qui tombent en milieu de phrase comme des absolus venus de très loin dans la sagesse des hommes. Cette difractassion dans l’énonciation qui fait l’effet de tourner autour des choses alors qu’elles conservent, dans une sorte d’érotisme, leur part d’énigme.

J’avais retrouvé dans les Onze de Michon, lu ensuite, une même manière d’ourler les phrases jusqu’à la préciosité et de jouer dans les terrains de l’histoire. J’avais essayé d’en dire deux trois choses.

J’avais essayé de parler ici de Is this love de Béatrice Rilos, en ai trainé longuement des notes jusqu’à ce que je les balance. Il y avait un effet de houle, une densité et une aspiration profonde qui ne se laissaient pas résumer, cette langue précise et sans concession et qui simplifiait rien mais au contraire dressait les choses dans leur complexité inextricable. Des mots martelés. Si j’ouvre une page au hasard :

Geste répétitif. A la force de mon poignet.

Corps, seul outil, vecteur, levier pour propulser soi-même hors de soi.

Ereinter. Détruire. Je m’agite la voix dans la musique.

Articulations douloureuses, paumes de mains râpeuses, colonne vertébrale déviée.

Le travail jusqu’à l’anéantissement. Culture du sol : se lever tôt, travailler dur.

Avilissement. Asservissement.

Je luis parle de l’image sur le set de table : corps luisant transpirant sous le soleil, muscles bandés. Il, elle, debout le coutelas à la main droite, sur son dos ployant sous la charge.

Perpétuer la tradition dans le sport : le culte de l’effort.

Cette fois en la miséricorde. « Si Dieu le veut. » « Dieu y pourvoira. »

Si j’échoue, je pourrai encore blâmer les anciens maitres blancs.

Frustration, colère. Massacres.

Ablution, bain de sang.

Le grand retour en arrière. « Je n’ai pas su accepter le passé, je n’ai pas su entendre chaque voix, la reconnaitre pour ce qu’elle était, la considérer en tant que telle. »

Lu d’autres choses encore ces derniers mois dont le blog tiens le registre en ses marges, des essais, des écrits sur l’art, des petits textes difficiles à classer qui sont venus s’ajouter. Aujourd’hui, si j’ai une certaine aversion pour cette manifestation de masse, cet engouement conventionnel et commercial qu’est le Goncourt, j’avoue lorgner un peu du côté de Marie NDiaye. Des choses qui me parlent, qui prolongent des intuitions non formulées.

Le supermarché que nous avait promis le maire et que nous attendions impatiemment, les boutiques ici étant rares et peu achalandées, vient d’ouvrir à l’entrée du village, dans le quartier des lotissements qu’il domine de sa masse considérable, haute et plate, qu’on peut distinguer, ainsi que les lettres gigantesques de son nom, de très loin dans la plaine, et qui désigne ainsi maintenant notre village aux voyageurs mieux et plus tôt que ne le font la pauvre girouette de l’église ou la grande croix de marbre érigée au centre du cimetière. Le bâtiment n’est en définitive, qu’une sorte de hangar aux dimensions colossales, aux parois ondulées badigeonnées de bleu, précédé d’une vaste esplanade où sont garés voitures et caddies. Mais, à nous qui débouchons de la grand-rue bordée de vieilles maisons basses et serrées, ce local paraît si long, si vaste, si peu susceptible de pouvoir jamais être contourné (un véritable découragement s’emparerait de nous à l’idée de suivre à pied ne serait-ce qu’un de ses murs) qu’il nous semble être bien davantage qu’un entrepôt disgracieux, et nous le voyons un peu comme un château fantastique qui fait la fierté, nouvelle, de notre village, et constitue enfin pour d’éventuels visiteurs une raison de s’y attarder.

Ai commencé hier les Maximus de Olson.

01/11/09

mur et fenêtre

Le tableau : non pas une fenêtre, mais plutôt le lieu où se projette le monde. Lieu en dehors du monde pour une part, comme caché dans les buissons depuis la colline on voit la ville. A la fois image et mur auquel butte l’image. Et moi je voudrais arriver à ça : que ça ouvre sur un monde, un espace depuis lequel se pense le réel, et que ce soit ce mur auquel toujours on butte. A la fois fenêtre et mur, c’est peut-être la définition de l’image ? J’ai regardé les cyprès avec leur nuit au fond qui transparait. Chaque tableau porte en lui cette même nuit au fond.

30/10/09

à longer la nuit

A longer la forêt qui derrière la barrière autoroute fait une masse sombre et humide, à glisser en continu le long de cette frontière, mais aussi à sentir le regard s’y absorber et s’y perdre et comme tâter du fond de son aveuglement une présence ancienne, j’ai pensé : une lointaine nuit nous aborde, on est comme à longer le bord de la nuit. Et cette hypnose du paysage, de la route : le monde avance et nous disparait en lui. Et au fond on porte ce désir double de reculer le menton et de voir mieux, de discerner et de dire ou discerner par le dire, et de rejoindre une certaine confusion où l’on ne serait plus encombré de soi-même. Distingué un peu encore au début par un esprit curieux du dehors, par une pulsion d’individualité, avant de se fondre tout à fait, de s’abandonner complètement à la nuit initiale que l’on avait quitté. Plus personne pour dire cet inconnu : dans cette dégénérescence s’est perdu le langage.

22/10/09

Voyager via Google Map

Chambost-Allières, Montmelas-Saint-Sorlin, Cogny, Denicé, Lacenas, Rivolet, Les Louattes, Morgon, Chamelet, Le Chalesset, La Cantinière, Létra, Ternand, Le Bois D’Oignt, Moiré, Légny, La Pome, Alix, Le Poteau, Le Grand Passeloup, Liergues, Buisante, Pommiers, Limas, Les Olmes, Sarcey, Glay, Les Ecublisis, Chamay...

19/10/09

Encore une fois s'y reconnaitre

Même la tête la plus insignifiante, la moins violente, dans la tête du personnage le plus flou, le plus mou, en état déficient, si je commence à vouloir dessiner cette tête, à la peindre, ou plutôt à la sculpter, tout cela se transforme en une forme tendue, et, toujours me semble-t-il, d’une violence extrêmement contenue, comme si la forme même du personnage dépassait toujours ce que le personnage est. Mais il est cela aussi : il est surtout une espèce de noyau de violence. C’est probable d’ailleurs. Il me semble assez plausible qu’il en soit ainsi du fait même qu’il puisse exister… du fait qu’il existe, qu’il n’est as broyé, écrasé, il me semble qu’il faut qu’il y ait une force qui le maintienne.
En fait j’ai été cinq ans à l’académie. La seconde année, par hasard, je suis tombé sur un crâne qu’on m’a prêté. J’ai eu une telle envie de le peindre que j’ai laissé tomber l’académie pendant tout l’hiver. Et j’ai passé tout l’hiver dans une chambre d’hôtel à peindre le crâne, voulant le préciser, le saisir autant que possible. Je passais des journées à tâcher de trouver l’attache, la naissance d’une dent…qui monte très haut près du nez, de la suivre le plus exactement possible, dans tout son mouvement…de manière que si je voulais faire tout le crâne, cela me dépassait. Depuis, j’ai toujours envie de reprendre cela. Et alors, peu à peu, voir un crâne devant moi ou un personnage vivant, la différence devient minime… Le crâne prend, pour finir, une présence vivante. Cela m’est arrivé… Par contre, travaillant d’après le personnage vivant – et cela avec presque de la frayeur – j’arrivais, si j’insistais un peu, à voir à peu près le crâne à travers. (Alberto Gicometti)